L'artisanat grec puise dans des savoir-faire transmis de génération en génération, dans des villages spécialisés au fil des siècles. Les matières employées viennent du pays lui-même, avec l'argile, la laine, le marbre et l'argent. Les ateliers survivent grâce au tourisme et au regain d'intérêt pour les objets faits main.
La poterie utilitaire accompagne la Grèce depuis l'Antiquité, des jarres de stockage aux plats de cuisson. Sífnos, dans les Cyclades, garde une réputation ancienne pour ses terres cuites et ses plats à ragoût. En Crète, le village de Thrapsanó perpétue la fabrication des grandes jarres tournées à plusieurs mains.
Le tissage sur métier de bois produit des couvertures, des sacs et des tapis aux motifs géométriques propres à chaque région. Le flokati, tapis de laine à longs poils foulé dans l'eau des torrents, vient des montagnes de Thessalie et d'Épire. Arachova, au pied du Parnasse, vit encore en partie de cette production.
Les broderies traditionnelles décoraient le linge de maison et le costume, avec des répertoires distincts d'une île à l'autre. Celles de Skyros, de Crète, de Rhodes et d'Épire figurent parmi les plus recherchées par les collections. Le musée Benaki d'Athènes en conserve un ensemble remarquable.
Ioannina, en Épire, cultive depuis l'époque ottomane une tradition de travail de l'argent, notamment le filigrane. Stemnítsa, en Arcadie, a formé des générations d'orfèvres dans son école spécialisée. Les créateurs actuels revisitent volontiers les motifs minoens, macédoniens et byzantins pour des bijoux en or et en argent.
La peinture d'icônes reste un artisanat vivant, pratiqué selon les techniques anciennes de la détrempe à l'œuf et de la feuille d'or. Les ateliers du mont Athos alimentent une grande partie du marché religieux, et plusieurs boutiques d'Athènes et de Thessalonique proposent des pièces peintes à la main.
L'île de Tinos exploite son marbre blanc depuis l'Antiquité et concentre les sculpteurs grecs autour du village de Pyrgos, qui abrite une école dédiée. Les artisans y taillent linteaux, fontaines, iconostases et pierres tombales ornées de cyprès, de fleurs et de navires. L'UNESCO a inscrit ce savoir-faire sur la liste du patrimoine culturel immatériel en 2015.
La Crète travaille le cuir depuis longtemps, en particulier à La Canée où une rue entière regroupe les échoppes de cordonniers. Les stivania, bottes noires souples portées par les bergers et les danseurs, restent l'article emblématique de cette production.
Le komboloi, chapelet sans fonction religieuse, sert à occuper les mains et à détendre l'esprit. Les pièces anciennes utilisent l'ambre, le corail, l'os ou la corne, tandis que les modèles courants recourent aux résines colorées. Nauplie abrite un petit musée entièrement consacré à cet objet.