Les échanges quotidiens en Grèce suivent des codes assez différents de ceux du nord de l'Europe. Le ton monte volontiers sans que la discussion tourne au conflit, les silences se comblent rapidement et la distance physique reste plus courte qu'en France. Quelques repères simples évitent les malentendus et facilitent beaucoup les rencontres.
La parole se chevauche souvent, et interrompre marque l'intérêt plutôt que l'impolitesse. Les Grecs apprécient l'échange direct, les avis tranchés et l'humour, et se méfient d'une politesse trop lisse. Les gestes accompagnent naturellement le discours, et une conversation animée entre voisins de table n'annonce presque jamais une dispute.
La poignée de main convient à un premier contact, tandis que les proches échangent deux bises. Le mot yásou sert de bonjour et d'au revoir dans un cadre familier, yásas s'emploie au pluriel et par respect. Les fêtes du prénom comptent souvent davantage que les anniversaires, et l'on souhaite alors chrónia pollá.
Le philotimo désigne un sens de l'honneur personnel qui pousse à bien agir sans attendre de contrepartie. Il se traduit concrètement par une hospitalité généreuse, un verre offert en fin de repas ou une aide spontanée devant une carte dépliée. Refuser sèchement ce genre de geste peut vexer, alors qu'un remerciement chaleureux suffit à clore l'échange.
Le mouvement de tête vers le haut, souvent accompagné d'un léger claquement de langue, signifie non, ce qui surprend beaucoup les visiteurs. Un hochement latéral lent exprime au contraire l'accord. La main ouverte tendue vers le visage, appelée moutza, constitue une insulte, et mieux vaut désigner une direction avec la main fermée ou l'index.
Les horaires officiels servent de repère plus que de règle, sauf pour les transports et les administrations. Un rendez-vous entre amis souffre facilement un retard de quelques minutes, et les repas du soir commencent tard, souvent après 20 et une heures. Les commerces de quartier ferment parfois plusieurs heures l'après-midi, surtout en été et dans les îles.
Les relations avec la Turquie, la question chypriote et la mémoire de la guerre civile restent des terrains délicats. La longue crise économique ouverte en 2010 a laissé des traces vives, et les jugements extérieurs sur cette période passent mal. La religion orthodoxe conserve une place respectée, y compris chez des interlocuteurs peu pratiquants.
L'anglais se parle largement dans les zones touristiques, les hôtels et chez les moins de 50 ans. Le français reste compris par une partie des générations plus âgées et dans certains milieux culturels. Dans les villages reculés, quelques mots de grec et beaucoup de gestes suffisent généralement à se faire comprendre.