L'histoire de la Grèce couvre plus de quatre millénaires, du palais crétois à la République actuelle. Le pays a traversé des empires et des occupations successives, et chacune de ces couches reste lisible dans le paysage.
La civilisation minoenne se développe en Crète dès le troisième millénaire avant notre ère et culmine autour des palais de Cnossos, de Phaistos et de Malia. Elle repose sur le commerce maritime et sur un art raffiné. Les Mycéniens dominent ensuite le continent depuis leurs citadelles, et leurs tablettes en linéaire B constituent les plus anciens témoignages écrits du grec.
Après plusieurs siècles mal documentés, la cité s'impose comme cadre politique à partir du huitième siècle avant notre ère, et les Grecs fondent des colonies dans toute la Méditerranée. Athènes invente une forme de démocratie directe, Sparte organise une société tournée vers la guerre, et le cinquième siècle voit naître le théâtre et la philosophie entre les guerres médiques et la guerre du Péloponnèse.
La Macédoine de Philippe II soumet les cités au quatrième siècle avant notre ère. Son fils Alexandre conduit ensuite les armées grecques jusqu'à l'Indus et fait du grec une langue commune. Après sa mort, ses généraux fondent des royaumes qui diffusent la culture grecque en Égypte, en Syrie et en Asie centrale.
Rome annexe le monde grec au deuxième siècle avant notre ère tout en absorbant sa culture, et la fondation de Constantinople en 330 déplace le centre de gravité vers l'Orient. L'Empire byzantin, de langue grecque et de religion orthodoxe, gouverne la région pendant plus de 1 000 ans et façonne durablement l'art sacré.
Constantinople tombe devant les Ottomans en 1453 et la Grèce continentale passe sous leur autorité, tandis que Venise conserve longtemps la Crète et les îles Ioniennes. L'Église orthodoxe garde un rôle central et entretient la langue et la mémoire collective, tandis que les communautés marchandes de la diaspora nourrissent au 10-huitième siècle un renouveau intellectuel.
Le soulèvement de 1821 ouvre un conflit long et incertain, que soutiennent des volontaires philhellènes venus d'Europe. L'intervention navale française, britannique et russe à Navarin en 1827 emporte la décision, les grandes puissances reconnaissent un État grec indépendant en 1830, et Athènes devient la capitale du royaume en 1834.
Le territoire s'élargit avec les îles Ioniennes en 1864, la Thessalie en 1881, puis la Macédoine, l'Épire et la Crète après les guerres balkaniques de 1912 et 1913. L'ambition d'une Grèce réunissant tous les Grecs se brise en 1922 devant l'armée turque en Asie Mineure. La convention signée à Lausanne en janvier 1923 organise un échange de populations qui conduit plus d'un million de réfugiés orthodoxes vers un pays de cinq millions d'habitants.
L'Italie attaque en octobre 1940 et se heurte à une résistance qui reste un motif de fierté nationale. L'occupation qui suit provoque une famine sévère et la destruction des communautés juives du pays, et la libération de 1944 débouche sur une guerre civile qui dure jusqu'en 1949. Un coup d'État militaire installe le 21 avril 1967 une dictature qui gouverne pendant 7 ans.
La répression de l'école polytechnique en novembre 1973, puis la crise chypriote, précipitent la chute du régime des colonels et le retour de la démocratie en 1974. Un référendum abolit la monarchie et une nouvelle Constitution entre en vigueur en 1975. La Grèce rejoint la Communauté européenne le 1er janvier 1981, puis la zone euro en 2001.