Le grec figure parmi les langues écrites les plus anciennes encore parlées aujourd'hui, avec une documentation continue depuis le deuxième millénaire avant notre ère. Le voyageur francophone y retrouve beaucoup de racines familières, même s'il faut d'abord apprivoiser un alphabet différent. Quelques notions suffisent pour lire les panneaux, déchiffrer les cartes et créer un contact chaleureux.
Le grec moderne descend directement du grec ancien, par l'intermédiaire de la koinè hellénistique puis du grec médiéval. La grammaire s'est simplifiée et le vocabulaire s'est enrichi d'emprunts turcs, italiens et vénitiens, mais la parenté reste évidente. Un lecteur grec d'aujourd'hui reconnaît sans difficulté de nombreux mots des textes antiques, ce qui explique l'attachement du pays à cette continuité.
L'alphabet comprend 24 lettres et sert aussi bien à l'écriture courante qu'aux notations scientifiques que le français utilise encore. Plusieurs lettres se lisent presque comme en français, d'autres réservent des surprises. La signalisation routière et les noms de lieux apparaissent le plus souvent en caractères grecs et en caractères latins, ce qui facilite beaucoup les déplacements.
Pendant plus d'un siècle, la Grèce a vécu une situation de double langue. La katharévousa, forme savante et archaïsante, servait à l'administration, à la presse et à l'enseignement, tandis que le démotique restait la langue parlée. Cette querelle linguistique a pris fin en 1976, quand le démotique est devenu la langue officielle de l'État. Quelques tournures savantes subsistent dans les documents administratifs et dans la liturgie.
La prononciation reste régulière une fois les correspondances acquises, et l'accent tonique s'écrit systématiquement sur les mots de plus d'une syllabe. Les voyelles se prononcent de manière claire et les diphtongues du français n'existent pas. Le son du thêta ressemble au th anglais, celui du gamma se rapproche d'un r doux, et le delta correspond également à un th sonore.
Le français doit au grec une part considérable de son vocabulaire savant, notamment en médecine, en politique et en philosophie. Des mots comme démocratie, théâtre, école, musique, physique, thermomètre ou téléphone reposent tous sur des racines grecques. Ce fonds commun rend beaucoup d'enseignes et de panneaux compréhensibles après un premier déchiffrage.
Une dizaine de mots suffisent pour marquer sa bonne volonté et changer la qualité d'un échange. La prononciation approximative figure entre parenthèses, avec la syllabe accentuée en majuscules.