La peinture grecque

La peinture grecque se comprend mieux en suivant deux fils distincts, celui de l'image religieuse héritée de Byzance et celui de la peinture de chevalet apparue avec l'État moderne. Les deux se croisent souvent, notamment chez les artistes du vingtième siècle qui puisent dans l'icône une leçon de composition et de couleur.

Icônes byzantines

L'icône ne cherche pas l'illusion mais la présence, avec des figures frontales, des fonds dorés et une perspective inversée qui ouvre l'image vers celui qui la regarde. Les ateliers respectent des modèles transmis de génération en génération, ce qui explique la stabilité des types iconographiques. Les fresques des monastères de Mystrás et des Météores montrent l'ampleur atteinte par cet art mural.

École crétoise et Greco

Sous la domination vénitienne, la Crète devient à partir du quinzième siècle un foyer de production d'icônes qui s'exportent dans toute la Méditerranée. Les peintres y combinent la tradition byzantine et les apports de la Renaissance italienne. Doménikos Theotokópoulos, né à Héraklion en 1541, se forme à Venise puis à Rome avant de s'installer à Tolède, où l'Espagne le connaît sous le nom de Greco.

Peinture du 10-neuvième siècle

Le jeune royaume envoie ses artistes se former à Munich, ce qui donne naissance à une école marquée par le réalisme académique et par le goût du sujet national. Nikólaos Gýzis et Nikifóros Lýtras peignent des scènes de la vie grecque et des sujets historiques, tandis que Konstantínos Volanákis se consacre aux marines et devient le peintre de la mer par excellence.

Génération des années trente

Une génération d'artistes cherche alors à concilier les avant-gardes européennes et la tradition grecque. Fótis Kóntoglou remet l'icône byzantine au centre du débat, Nikos Hadjikyriákos-Ghíkas transpose le cubisme dans les paysages égéens, et Yánnis Tsaroúchis peint des figures qui associent la frontalité de l'icône et l'observation directe. Yánnis Móralis développe pour sa part une abstraction sobre et très construite.

Art contemporain

La scène actuelle se montre ouverte et internationale, avec des artistes qui travaillent entre Athènes et les grandes capitales européennes. Jánnis Kounéllis a compté parmi les figures majeures de l'arte povera en Italie, et Chryssa a marqué l'art lumineux américain. Les galeries des quartiers de Psyrí et de Metaxourgeío soutiennent aujourd'hui une génération plus jeune.

Musées d'Athènes

La Galerie nationale retrace l'histoire de la peinture grecque moderne depuis le 10-neuvième siècle. Le musée byzantin et chrétien rassemble icônes et fresques déposées, le musée Benaki couvre l'ensemble des arts grecs, et le musée national d'Art contemporain occupe une ancienne brasserie réaménagée au sud du centre.