La Grèce garantit les libertés fondamentales dans sa Constitution et applique la Convention européenne des droits de l'homme. Plusieurs organisations internationales relèvent toutefois des tensions récurrentes autour de la presse, des migrants et du maintien de l'ordre.
Le pays occupe l'une des dernières places de l'Union européenne dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. La propriété des grands médias reste concentrée entre quelques familles d'armateurs et d'entrepreneurs, et la répartition des aides publiques a suscité plusieurs controverses. L'assassinat du journaliste Giorgos Karaivaz en 2021 n'a toujours pas trouvé de dénouement judiciaire définitif.
En 2022, la révélation de la surveillance de journalistes et de responsables politiques a provoqué une crise institutionnelle. Le président du Pasok, Nikos Androulakis, et le journaliste Thanasis Koukakis avaient été visés par les services de renseignement et par le logiciel espion Predator. Le chef du renseignement et le secrétaire général du cabinet du Premier ministre ont démissionné en août 2022, et des procédures judiciaires se poursuivent.
Le droit de manifester s'exerce largement, notamment lors des grèves générales. Une loi de 2020 impose une déclaration préalable et un organisateur responsable, ce que les syndicats contestent. Les rassemblements massifs qui ont suivi la catastrophe ferroviaire de Tempé, en février 2023, ont donné lieu à des critiques sur l'usage des gaz lacrymogènes.
La Grèce constitue une porte d'entrée majeure vers l'Union européenne. Des organisations humanitaires et la Cour européenne des droits de l'homme ont documenté des refoulements en mer Egée et à la frontière de l'Evros, que les autorités contestent. Le naufrage de Pylos, en juin 2023, qui a causé plusieurs centaines de morts, a relancé le débat sur les opérations de sauvetage.
Le taux d'emploi des femmes reste inférieur à la moyenne européenne et l'écart de rémunération demeure marqué. Une série de féminicides a conduit à durcir la législation sur les violences conjugales et à renforcer les dispositifs d'alerte.
Le Parlement a légalisé le mariage entre personnes de même sexe en février 2024, avec le droit d'adopter conjointement. La Grèce est devenue le premier pays de tradition orthodoxe à franchir ce pas, malgré l'opposition de l'Eglise et d'une partie de la majorité.
La minorité musulmane de Thrace occidentale bénéficie d'un statut issu du traité de Lausanne de 1923, avec des écoles bilingues et des muftis compétents en droit familial. La désignation de ces muftis et l'interdiction faite à certaines associations d'utiliser l'adjectif turc ont donné lieu à des condamnations de la Grèce par la Cour européenne des droits de l'homme.