Scène politique en Grèce

La vie politique grecque a longtemps reposé sur l'alternance entre la droite de Nouvelle Démocratie et le Pasok social démocrate. La crise de la dette a fait éclater ce système à partir de 2010, porté Syriza au pouvoir en 2015, puis laissé place à un paysage dominé par un seul grand parti face à une opposition fragmentée.

Nouvelle Démocratie

Nouvelle Démocratie, fondée en 1974 par Konstantinos Karamanlis, gouverne sans interruption depuis juillet 2019 sous la direction de Kyriakos Mitsotakis. Le parti a rassemblé un peu plus de 40 % des voix et 158 sièges lors du scrutin de juin 2023. Il défend une ligne libérale en économie et conservatrice sur les questions de sécurité et de migration.

Syriza

Syriza a dirigé le pays de 2015 à 2019 avec Alexis Tsipras. Son recul à 17,8 % en juin 2023 a ouvert une longue crise interne. Stefanos Kasselakis a pris la tête du parti en septembre 2023 avant d'en être écarté un an plus tard, et Sokratis Famellos lui a succédé en novembre 2024. Plusieurs départs ont réduit le groupe parlementaire à une vingtaine de députés.

Pasok Kinal

Le Pasok, fondé en 1974 par Andreas Papandréou, a gouverné pendant une grande partie des années 1980 et 2000 avant de s'effondrer pendant la crise. Devenu Pasok Mouvement pour le changement, il a réuni environ 12 % des voix en juin 2023 et occupe depuis le rang de première force d'opposition. Nikos Androulakis le dirige.

Partis de droite radicale

Trois formations situées à la droite de Nouvelle Démocratie sont entrées au Parlement en 2023, Solution grecque, Niki et les Spartiates, cette dernière ayant ensuite perdu sa reconnaissance judiciaire. Elles combinent nationalisme, conservatisme religieux et hostilité à l'immigration, et totalisent une part significative des suffrages.

Recomposition de la gauche

Le Parti communiste conserve une vingtaine de sièges et un électorat stable. La Nouvelle Gauche, le Cours de la liberté de Zoi Konstantopoulou et le mouvement fondé par Stefanos Kasselakis se disputent l'espace laissé par Syriza. Alexis Tsipras a quitté son siège de député en octobre 2025, publié une autobiographie politique, puis lancé une nouvelle formation de gauche en mai 2026, ce qui relance la question d'une recomposition avant les élections attendues au plus tard en 2027.

Fin d'Aube dorée

Le parti néonazi Aube dorée, troisième force du pays en 2015, a été jugé comme organisation criminelle. Ses dirigeants ont été condamnés en octobre 2020 à de lourdes peines de prison et la formation a disparu de la scène électorale.

Participation

L'abstention progresse fortement. La participation est tombée à environ 53 % au second scrutin de juin 2023, contre plus de 70 % avant la crise, malgré le caractère théoriquement obligatoire du vote.