L'hymne national grec porte le titre d'Hymne à la liberté, Ymnos is tin Eleftherian en grec. Il se distingue par sa longueur exceptionnelle, puisque le poème dont il provient compte 158 strophes, dont seules les deux premières sont chantées lors des cérémonies.
Dionysios Solomos, né à Zante en 1798, a composé ce texte en mai 1823, au milieu de la guerre d'indépendance contre l'Empire ottoman. Le poète y personnifie la liberté sous les traits d'une femme reconnue à la lame de son épée et au regard qui mesure la terre. L'oeuvre a été publiée dès 1824 et traduite rapidement en plusieurs langues européennes, ce qui a contribué à mobiliser les philhellènes en faveur de la cause grecque. Solomos est considéré comme le fondateur de la poésie grecque moderne, notamment parce qu'il a écrit en langue populaire plutôt qu'en grec savant.
Le compositeur corfiote Nikolaos Mantzaros, ami du poète, a mis le texte en musique à la fin des années 1820. Il en a produit plusieurs versions, dont une écriture pour choeur d'hommes qui a servi de base à la mélodie retenue. Sa formation italienne se reconnaît dans la simplicité de la ligne mélodique et dans l'harmonisation.
Le roi Georges premier a fait de cette composition l'hymne officiel du royaume en 1865, après l'avoir entendue à Corfou. Elle a remplacé un hymne royal d'inspiration allemande et a survécu à tous les changements de régime, monarchie, dictature et république, sans jamais être remplacée.
La République de Chypre a adopté le même hymne en 1966, fait rare dans le monde où deux Etats souverains utilisent une identique composition. Les cérémonies communes aux deux pays ne font donc entendre qu'une seule mélodie.
L'hymne accompagne la levée et la descente du drapeau, les fêtes nationales du 25 mars et du 28 octobre, les visites officielles et les rencontres sportives internationales. Il retentit aussi à la fin de chaque cérémonie de clôture des Jeux olympiques, en hommage au pays d'origine des Jeux, à côté de l'hymne du pays hôte et de celui de la ville suivante.